Sale âme de Bohême

Pauvre bêcheur

Mèche folle et yeux de vautour,
Es-tu capable de désinvolture ?
L’esprit carré en quête de gloire,
Tu guètes, tu scrutes, ton territoire.

Ta cible, les candides biches.
Au pelage fin et à l’œil vif.
Insaisissables reines,
à la patte douce et au sabot usé

La bouche d’or et aux boucles de cuivre,
La bave coulant sur les poitrines
Arides, par tant d’autres baisers.

La solitude épie ces chasseurs rusés,
Tu fais partie de la meute,
ô beau pèlerin sans haine !

Tu saisiras tant de bêtes,
que ton corps chétif, s’écroulera
sous ce poids sublime.

Mais ton cœur sans cesse se videra
Et au compte goutte,
L’amertume te tuera.

A.G


C’est donc cela ?

Le monde où les mots,
déchirent les veines,
déchirent des haines,
C’est donc cela ?

Le monde,
Où un livre saint,
A rempli des puits
d’un magma de chairs ?

C’est donc cela la justice ?
La justice de l’humanité
Qui, le bout portant,
Sur la tempe d’un enfant
A fait couler les syllabes
D’un peuple innocent ?

Des cervelles éclatées,
Les larmes des saints
Les larmes de sang
Les lettres de sang
Les lettres des saints ?

C’est donc cela qu’on respire ?
L’air vil d’une humanité
Qui a su écrire un livre
sur un lit de sang ?

C’est donc cela ?
Des rois malades,
Des fils lâches,
Des pères coupables ?

Les blâmer,
Serait me blâmer
Car c’est l’existence
humaine que je blâme.

Ces vies que l’on souille
Sur l’histoire d’un pavé
coulé par l’hérésie d’un sage
qui a voulu dresser
son peuple

Son peuple malade
Son peuple, qui jure
voler aux éclats

Les cervelles des innocents
En jurant la main,
Sur un livre saint
Un livre malsain

Une crise de foi désirant
dompter un peuple
las et déjà mort.

C’est donc cela ?

A.G


Rixe intrinsèque

Le thorax refroidi,
Par les abysses de la nuit.
Je délivre ma folie,
Dans une rixe infinie.

Les genoux fracassés,
Par des prières stériles,
J’ai disposé de l’envie.

L’envie malade,
L’envie soudaine
Rare et puritaine…

L’envie malsaine,
D’une destinée funèbre.
Sombre et délétère.

A.G


Perfidie

Des tripes sales tu enroules,
Autour de mon cœur suintant.
Tu plonges dans mes viscères,
à tes pieds,
Jonchent des artères.

MEURS, âme galvanée,
Je n’ai qu’un souhait,
Il est vil, et parfumé.

Angoisses putrides,
enfoncées dans une bouche,
dignement fermée.

Je te blesse, je t’écartèle,
Riche et perfide ennemi.

A.G


Choir sur noir

Ces reines macabres,
aux pieds endoloris,
Enfoncent leur sabre,
Dans vos cœurs insoumis.

Le cris haineux,
de tes poumons meurtris,
résonne
dans ces couloirs d’insomnie.

Des aurores livides,
aux cigarettes bleuies.
Des pensées futiles,
Évanouies.

Je n’ai plus l’audace,
de ces marchands aigris.
Pour vaincre ma folie.

Jours de gloire,
au glaive blanchi.
Noyés dans l’alcool, dans l’infini.

L’opium de tes pupilles mornes,
me hantent,
tels des vieillards serviles.

Ma langue amère,
lisse tes dents sales.

Ma main malade,
transperce,
ton corps à l’agonie.

A.G


Liqueur bachique

Des neurones délaissés.
Des doigts glacés,
Une vie fracassée.

Liqueur bachique
Mes veines tu envahis,
Ma cervelle tu assombris.

Des caresses douces,
Tu déploies
Sur mon palais, annihilé.

Tu as ravagé
Ma vie, mes ainés.

Inonde mon passé,
Éthanol détraqué.

Libre conquérant.
Impétueux et Éloquent.

Châtie mes péchés
Libère mes harpies,
Fiévreuses et enfouies.

A.G


Histoire d’une pute borgne.

Dans son quartier
Elle s’étala
Sans foi ni loi
Elle écarte et ne jouit pas
 
Pute borgne
Sans vergogne
 
Un soir,
La fille sans joie
Au baron, administra
Un coup violent et sanguinaire
et enrageât son tortionnaire
 
Il s’empara
D’un limonadier
Gras et Rouillé
Et lui enfonça
Au plus profond
 
Un liquide gicla
sur sa fluide robe
Elle s’égosilla,
Et le baisa.
 
Dans son quartier,
Elle baisa,
Sans foi ni loi.
Louve des mers
Elle baise, mais ne jouit pas,
 
Pute borgne,
Sans vergogne.

A.G


La beauté, cette tyrannie.

Telle la marche funèbre de Chopin.
La beauté ne régale pas une âme en peine.
 
Je dois donc selon ta volonté,
Éructer les mots de la beauté :
 
Beauté divine,
Enlève donc cette épine,
Qui m’empêche de dire,
Qui m’empêche de lire,
Au fond de ton être.
 
Soigne mes vers,
Guéris mes rêves.
Décapite ma vanité,
Ressuscite ma volonté.
 
Je n’ai de mots pour te décrire
Et si je m’y efforce, ce n’est que satyre.
 
Si de nouveau, je peux t’admirer,
ô beauté !
 
Je dirais non à tous ces supplices,
Que j’impose par vices,
 
Pénètre au delà de mes viscères,
Ma beauté sincère,
 
J’abandonnerais mon âme,
A toi , non au succube.
Mais répond-moi,
Avant que je m’extube.
 
Mes sentiments sont caduques
Sauve-moi,
ou je me brise la nuque
Fais de moi un joyeux luron,
Qui s’extasie,
Sans ecstasy.

A.G


EXORIARE ALIQUIS NOSTRI EX OSSIBUS ULTOR

Je ne rendrais à l’aurore que l’horreur.
Le prix de la gloire est le même que celui de l’échec.
Mourir l’âme vaine n’est que le constat amer d’une longue et délicate œuvre.
Mon œuvre aura le goût de l’amertume, l’amertume le goût du passé.
Avance esprit vil, souviens-toi de la mélodie de la terreur.
L’aube rendra la grâce à ceux qui ont souffert.
L’unique grâce de la norme est la souffrance.
Le rire est la porte de la foi souveraine.
Haïssez la faute humaine, comme un roi déchu
La braise consume les restes de mes organes.
Frappez en cadence les flots d’abandon.
Docile est l’indifférence.
La thébaïde sera mon sanctuaire.
La solitude, mon parfum.

A.G


Adage d’un Mage en Rage

Ce soir là, elle déambulait dans les rues sombres d’une ville dont les repères lui étaient inconnus.
Louve des mers, au grand dam de sa volonté, son seul désir était d’exploser mes phalanges contre l’asphalte froid.
Puis poursuive l’action de son détestable faciès, mâchoire, cloison nasale… et enfin baiser le sol au parfum du sang chaud.
Plus rien ne semblait réel, sa croyance était à ses pieds, ses rêves sous ceux des autres.Un désir de vengeance et d’hérésie profonde blâmant toute convention était son unique issue.Rien rien ô rien ne pouvait la sauver.L’humiliation, la mort, l’échec avaient pris le pas sur ce visage presque enfantin mais prostitué d’un rouge à lèvres trop indiscret.
Elle ne voulait rien, elle voulait tout.Elle n’attendait qu’une parole déplacée pour faire jaillir sa rage intrinsèque.
Mais rien.Elle s’agenouilla dans une ruelle sentant la pisse froide, et demanda au ciel - ou assimilé- de lui envoyer une seule personne.
Une personne blessante d’honnêteté , que rien n’a encore su pervertir,
une âme qui saurait la sauver. Ou pas.Il lui fallait quelqu’un de pur et riche de simplicité : une personne irréelle.
Puis, elle reprit la route en direction de la petit sauterie puant l’hypocrisie et l’ennui caché.En se disant qu’une fois de plus, il fallait rester inébranlable.
Elle essuya son rouge à lèvres prostituant ainsi sa main, et se jura de ne jamais blesser le don qui lui sera fourni.
Ce soir même.
 
Malheur.
Adieu.
Volonté :
Torture Sage.

“J’étais là au milieu de la foule, à baiser le sol, les dents enfoncées dans le pavé, les yeux plissés par les larmes. La scène me semble grotesque et je chiale comme un homme ; ce que j’ignore c’est que tout le monde s’en tape.”

A.G